Certains professionnels de santé constatent une augmentation des consultations liées à l’épuisement, alors même que des stratégies simples existent pour en limiter les effets. Ignorer ses besoins fondamentaux conduit parfois à une baisse de la motivation, à des troubles du sommeil ou à un sentiment de surcharge émotionnelle.
Des recommandations officielles insistent désormais sur la nécessité d’intégrer des pratiques régulières pour préserver l’équilibre mental et physique. À la croisée des habitudes quotidiennes et des soins professionnels, des solutions concrètes s’imposent progressivement dans les routines de nombreux individus.
Auto-soins : de quoi parle-t-on vraiment ?
Les autosoins ne se résument pas à quelques gestes tendances dictés par le marketing du bien-être. L’Organisation mondiale de la santé évoque un ensemble de pratiques, individuelles ou collectives, qui permettent de préserver, d’améliorer ou de restaurer la santé physique et mentale. Cette définition s’appuie sur une véritable réflexion, nourrie par des décennies de recherche, des travaux de Dorothea Orem en sciences infirmières aux analyses de Christine Paillard.
Pour y voir clair, la International Self-Care Foundation a structuré les autosoins autour de sept axes majeurs. Voici les piliers qui forment cette base solide :
- Connaissances en santé
- Conscience de son état de santé
- Activité physique
- Alimentation saine
- Évitement ou réduction des risques
- Bonne hygiène
- Utilisation responsable des produits et services de santé
Chaque pilier demande non seulement de la vigilance envers soi-même, mais aussi une ouverture à l’autre et à la communauté.
L’autosoin s’inscrit dans la continuité. Ce n’est pas une mesure d’urgence, mais un choix régulier, parfois discret, pour éviter la maladie, gagner en autonomie et préserver sa qualité de vie. Cela va bien au-delà du cadre strictement médicalisé : il s’agit de gérer son quotidien, de rester à l’écoute de ses besoins et de cultiver des ressources fiables autour de soi. Le self care n’est pas un simple mot à la mode, mais un véritable appui pour la santé publique et l’émancipation de chacun.
Pourquoi accorder une place aux autosoins dans sa vie quotidienne ?
Faire une place aux autosoins dans sa vie n’a rien de superficiel. Face à la multiplication des maladies chroniques et à la fréquence des troubles de la santé mentale, la capacité à prendre soin de soi devient une ressource précieuse pour rester stable. Il ne s’agit pas de se replier sur soi, mais de renforcer l’autonomie du patient et d’améliorer le quotidien, tout en limitant la pression exercée sur les structures de soins.
Le terrain le prouve : l’éducation thérapeutique donne aux patients des outils pour anticiper, comprendre et gérer leur santé, aux côtés du suivi médical. La prévention s’impose, aussi bien dans les petits gestes du quotidien que dans la gestion de maladies physiques ou psychiques.
Les autosoins dépendent aussi de facteurs variés : conditions socioéconomiques, accès aux ressources, soutien social. Il ne suffit pas de le vouloir pour y parvenir ; il s’agit aussi de pouvoir compter sur son entourage, son réseau, sa communauté. Prendre soin de soi, c’est admettre qu’on a parfois besoin des autres.
Loin de toute logique de performance, les autosoins s’inscrivent dans une démarche de prévention et de responsabilité partagée. On y dessine un avenir où le bien-être de chacun contribue à celui de tous, où la santé se construit au fil des jours, à force de choix réfléchis et d’actions concrètes.
Les bienfaits insoupçonnés des autosoins sur le corps et l’esprit
Pratiquer les autosoins transforme en profondeur la relation que l’on entretient avec son corps et son esprit. Les résultats ne se font pas attendre : le stress diminue, l’anxiété s’allège, les signes de dépression s’atténuent. Ces effets sont confirmés aussi bien par la littérature scientifique que par les retours d’expérience. La prévention, qui reste au cœur de la démarche, réduit par ailleurs les risques de maladies physiques graves telles que le diabète ou l’infarctus. Les gestes quotidiens, même anodins en apparence, augmentent la résistance face aux difficultés.
Voici quelques effets tangibles observés chez celles et ceux qui intègrent les autosoins à leur routine :
- Productivité accrue et regain d’énergie
- Renforcement de la confiance en soi et de la résilience
- Amélioration de la qualité des relations sociales
La régularité de la pleine conscience, de l’autocompassion ou de la gratitude agit comme un rempart contre les troubles psychiques. Ces pratiques, validées par la recherche, aident à mieux se connaître et à identifier ses besoins réels. Les effets ne s’arrêtent pas à l’individu : ils rejaillissent sur la famille, l’entourage, la communauté, créant une dynamique positive.
Des études mettent aussi en avant la diminution de certains marqueurs du stress chez ceux qui s’investissent dans l’autosoin. À la clé : une santé mentale et physique plus solide, une capacité accrue à faire face aux défis. Prendre soin de soi n’est pas un geste isolé : c’est un investissement quotidien qui rayonne bien au-delà de soi-même.
Des idées concrètes pour intégrer les autosoins à votre routine
Pour intégrer l’autosoin à votre quotidien, rien de compliqué : il s’agit de gestes simples, à adapter à vos besoins et à votre rythme. La hygiène reste la base : se brosser les dents, se laver les mains, prendre soin de son corps, autant d’actions qui semblent évidentes mais qui jouent un rôle préventif souvent sous-estimé.
Concernant l’alimentation, privilégier la préparation de repas à partir de produits frais, limiter les sucres rapides et miser sur les fibres fait une réelle différence. Glissez dans votre journée une activité physique, même courte : une marche, quelques étirements, un exercice de respiration. Ce mouvement, combiné à une bonne gestion du sommeil, stabilise l’humeur et renforce la résistance aux maladies.
La réduction des risques mérite une attention particulière : surveillez votre consommation d’alcool, soyez attentif à l’usage des écrans, réduisez le temps passé sur les réseaux sociaux. Offrez-vous régulièrement des moments de méditation pleine conscience, en vous inspirant de spécialistes comme John Kabat-Zinn ou Christophe André. Pratiquer la gratitude et l’autocompassion, des démarches portées par Kristin Neff, contribue également à une meilleure santé psychique.
Les relations sociales jouent un rôle clé : privilégiez la qualité des échanges, pratiquez la communication non violente. Sortir s’aérer, marcher dans la nature, même brièvement, influe positivement sur le moral. Pour soutenir votre démarche, faites appel à des applications de santé mentale ou explorez des livres et ressources adaptés, tout en gardant à l’esprit que l’appui d’un professionnel reste parfois nécessaire.
À force de petits pas, l’autosoin s’installe, s’affirme et transforme le quotidien. La prochaine fois que vous hésitez à prendre ce temps pour vous, rappelez-vous qu’il ne s’agit pas d’un luxe, mais d’un choix qui peut, jour après jour, changer la donne.


